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Grandes Cultures
Pénuries en céréales ? Comment agir pour un mieux
Les raisons de la pénurie : en plus des conditions climatiques de 2006, on constate du point de vue structurel, une croissance plus importante des élevages bio que des cultures bio.
La réponse doit respecter plusieurs principes :
- préserver le bien être animal
- préserver la confiance du consommateur pour garantir le développement futur de la production bio
-stimuler la production bio
-éviter la concurrence déloyale par rapport aux opérateurs "100%" bio.
Trois axes de solutions sont discutés:
1) l'augmentation de l'incorporation des aliments conventionnels.
Il est rappelé que les organisations bio ont depuis des années demandé et obtenu l'élimination progressive des ingrédients conventionnels.
Rappel : ruminants, 5% en 2007, 0% à partir de 2009
monogastriques, 15% en 2007, 10% en 2008, 5% en 2010.
La Soil Association ne veut pas augmenter la part du conventionnel; cela n'est ni l'intérêt des producteurs, ni des consommateurs. Beaucoup de producteurs nourrissent déjà leurs animaux "100% bio" démontrant ainsi que "cela marche".
L'expérience a montré qu'autoriser du conventionnel, ne motive pas les éleveurs à passer au 100% bio, même quand les ingrédients bio sont disponibles; cela ne motive pas non plus la reconversion de nouvelles cultures.
2) augmenter temporairement la part des ingrédients en conversion (voir proposition de la Commission)
3)permettre des dérogations pour utiliser temporairement jusqu'à 49% de fourrage conventionnel; dans ce cas les animaux gardent leur statut bio, mais leur production (oeufs, lait, viande?) ne peut être certifiée bio qu'après un retour à l'alimentation bio "normale".
Que peut-on faire?
Les éleveurs et les fabricants d'aliments doivent prendre leur responsabilité quant à leur sources d'approvisionnement; plutôt que de se reposer sur le "marché", ils doivent développer leurs propres sources et ainsi sécuriser leurs filières.
Quelques pistes :
- réduire la dépendance aux importations.
- encourager l'auto-production des éleveurs (fermes en autonomie).
- améliorer la connaissance du marché sur les disponibilités en aliments (une banque de données comme Organicxseeds).
- promouvoir les reconversions bio.
N'est-il pas opportun d'initier une réflexion sur la situation en Belgique caractérisé par un déficit criant de céréales bio ? Pourquoi la production céréalière n'a-t'elle pas suivi le développement de l'élevage ?
Plus particulièrement, la production de céréales bio se développera:
- soit grâce à la hausse des prix
- soit grâce meilleure optimisation agronomique de la production de céréales
Les éleveurs, les transformateurs, les consommateurs ont-ils intérêt à la hausse du prix des céréales, au delà de ce qui assure une rémunération correcte du travail des cultivateurs?
Ne faut-il pas au contraire prendre l'optimisation agronomique comme un objectif en soi, tout en se conformant au carré magique?
-améliorer et stimuler la vie du sol
-augmenter le taux d'humus
-capter un maximum de carbone, par une optimisation de la production; c'est le "devoir de produire"
-assurer un optimum qualitatif par des plantes saines et vigoureuses
Je vous invite à cette réflexion, sur les contraintes à desserrer pour mieux rentrer dans le "carré magique"
Roland Cartrysse
dans le bulletin n° 40 de l'Unab
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